samedi 29 janvier 2011

Forêt




Forêt silencieuse, aimable solitude, 

Que j'aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J'éprouve un sentiment libre d'inquiétude ! 
Prestiges de mon coeur ! je crois voir s'exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse : 
Cette onde que j'entends murmure avec mollesse, 
Et dans le fond des bois semble encor m'appeler. 
Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière 
Ici, loin des humains !... Au bruit de ces ruisseaux, 
Sur un tapis de fleurs, sur l'herbe printanière, 
Qu'ignoré je sommeille à l'ombre des ormeaux ! 
Tout parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles ;
Ces genêts, ornements d'un sauvage réduit, 
Ce chèvrefeuille atteint d'un vent léger qui fuit, 
Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles.
Forêts, dans vos abris gardez mes voeux offerts ! 
A quel amant jamais serez-vous aussi chères ? 
D'autres vous rediront des amours étrangères ; 
Moi de vos charmes seuls j'entretiens les déserts.


Chateaubriand



4 commentaires:

  1. Déçu de la politique et des hommes
    le voici exilé en sa Vallée-aux-Loups
    solitaire rêvant d'Amérique
    au milieu de ses arbres...
    grand chêne blessé pensant ses plaies

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  2. La forêt est une grande plenitude

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